Nos Luc Ferry locaux


Des enseignants surrémunérés et soucieux des deniers publics, ont écrit dans le JIR du 14 septembre 2011 :

"Le 21 janvier 2009, Frédéric Cadet, fraîchement débarqué par le gouvernement de son fauteuil de recteur de l’académie de Poitiers, accordait à son ami Pierrot Dupuy sur zinfos974.com une interview vidéo intitulée "Frédéric Cadet heureux de retrouver ses étudiants". Il expliquait "Je pense qu’en 2010, tout d’abord, je vais retrouver le contact avec les étudiants, j’aurai l’occasion et l’opportunité de dialoguer avec les étudiants et leur transmettre une partie de mon expérience". Ces bonnes paroles, aussitôt dites, furent oubliées par l’intéressé, disparaissant des amphis, et voilà qu’aujourd’hui il demande à faire valoir ses droits à décharge de cours en fonction de son statut d’élu. Pour nous, ce n’est pas sur ce calcul permettant de toucher un plein salaire sans enseigner que porte l’indignité mais sur le double langage. Se disant (en paroles) passionné d’enseignement, clamant sa hâte de retrouver ses chers étudiants, le voilà (en actes) désertant les amphis et n’assurant aucune heure d’enseignement ou presque. L’écart entre les paroles et les actes est vertigineux." ...
Des enseignants qui continuent à croire au service public.


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Braves enseignants, héroïques anonymes, signataires du billet, soyez un peu cartésiens : non, Frédéric Cadet ne tient pas double langage; il est en droit maintenant de tenir un autre langage, conséquence toute logique d'une situation nouvelle : à la passion d'enseigner - et c'est effectivement un chercheur de talent - est venue se greffer une autre passion, celle d'élu aux côtés de Didier Robert à la Région Réunion, et à une place très honorable pour une tâche en parfaite harmonie avec sa fonction de chercheur. On peut comprendre son dilemme et son choix actuel, qui est de respecter le vote populaire ! Frédéric Cadet ne se dérobe pas, il s'adapte à sa nouvelle situation qu'il est temps de clarifier comme on a su le faire quand on a aménagé fort agréablement l'emploi du temps de tous les élus professeurs du secondaire en poste à l'île de La Réunion. Le président de l'Université devrait se mettre d'accord avec le président de la Région Réunion pour évaluer l'horaire de Frédéric Cadet, et l'on versera peut-être une tite monnaie compensatrice au budget de l'Université. Il n'y a pas lieu de crier à l'assassin ! 

Braves enseignants, interrogez, par exemple, Jean-Claude Fruteau, ancien député de notre bonne République, et vous saurez, s'il veut bien se confesser, que ses heures devant les élèves ont été réduites à une portion bien congrue, et qu'il a assuré en complément quelques petites heures de recherche pour le compte du CRDP, sans forcément faire acte de présence dans les locaux du CRDP. Mais ne vous attendez pas à voir les traces de ce laborieux travail, surtout lorsqu'on a complété un effectif de recherche. Qui a fait quoi ? Allez savoir ! mais ne vous aventurez pas à donner la solution de cette énigme au sphinx de Thèbes ! N'est pas Oedipe qui veut ! En offensant si gravement Descartes à cause de vos belles oeillères, vous ne pouvez que vous faire croquer l'un après l'autre.

Braves enseignants, j'ose vous dire qu'il y a beaucoup de Luc Ferry locaux ! Songez à tous ces professeurs déchargés de cours, la plupart partiellement, pour servir leur syndicat. Grâce à mai 68, ils sont nombreux. On en trouve dans presque tous les établissements scolaires. Ils sont heureux de retrouver leurs élèves... dans la rue, lors des manifestations. Ils sont payés normalement, et ils ont des remplaçants, également payés normalement. Double paye à la charge du contribuable ! Gros gaspillage de nos deniers publics. Interrogez Raymond Mollard. S'il veut bien, lui aussi, se confesser, vous saurez qu'il n'a enseigné que quelques années et qu'il s'est dévoué corps et âme à son syndicat et à son maître, Paul Vergès, le pharaon déchu de la pyramide inversée.

Gérard Jeanneau, qui continue à croire au service public et... à lutter contre le gaspillage de l'argent public.

La Possession, le 19 septembre 2011

 

 


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